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Depuis 2013, la série de conférences Fillosophie fait la promotion de la place des femmes – trans inclusif – en philosophie. Les conférencières invitées sont des chercheuses provenant de tous les domaines de la philosophie. Elles viennent de Montréal, d’ailleurs au Canada, des États-Unis ou de l’Europe. Les conférences sont d’une durée de 30 à 50 minutes et sont suivies d’une période de questions ainsi que d’une collation. Les corps professoral et étudiant de toutes les universités montréalaises sont invités à ces événements. Les conférences sont gratuites, accessibles et ouvertes à tout le monde.

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Membres actuels (de gauche à droite) : Anouk Hoffmann, Sarah Arnaud, Cloé Gratton, Mylène Legault, Tania Bustillo, Maud Provost


Pour en savoir davantage sur l’histoire de Fillosophie

Fillosophie entend répondre à un problème précis : celui de la sous-représentation des femmes en philosophie. Nous avons constaté cela premièrement au sein de notre département, qui ne compte actuellement que deux professeures sur l’ensemble des quinze professeur-e-s qui le composent, et dans lequel moins d’un quart des étudiant-e-s aux cycles supérieurs sont des femmes. À titre indicatif, non seulement le corps professoral du département de philosophie possède le taux de représentation de femmes le plus faible (13%) de tous les départements de l’UQAM, mais le seuil minimal (25%) énoncé dans la convention collective professorale (article 29.03) n’est pas respecté. Les étudiantes du baccalauréat abandonnent souvent leurs études devant l’absence de représentation féminine qui laisse croire à un environnement réservé aux hommes. Ces problèmes se retrouvent dans plusieurs départements de philosophie, notamment au Canada et en Europe, mais contrairement à d’autres endroits, il n’y a aucune initiative proposant une solution dans le Canada francophone. Fillosophie aide un groupe minoritaire à s’affirmer en favorisant une parité dans la discipline, dans notre province.

En mettant en relief le travail de femmes philosophes, nos conférences servent à montrer aux étudiantes que leur place en philosophie est légitime et primordiale : ce milieu majoritairement masculin a besoin de leur persévérance pour devenir une communauté éclairée et stimulante.

Fillosophie permet aussi aux étudiantes des cycles supérieurs d’avoir une tribune où présenter leurs travaux et de diffuser leur savoir à l’ensemble de leurs collègues, hommes et femmes, tout en promouvant une diversité des sujets. L’une des ambitions de ce projet est de répondre à un autre problème tout aussi central : l’absence d’une communauté philosophique au sein de notre département. Fillosophie a créé un collectif étudiant qui permet à ses membres de se rencontrer et d’échanger sur leurs travaux et intérêts. Ce projet s’est alors étendu au-delà de l’UQÀM et a dépassé nos attentes : il permet aujourd’hui des interactions entre les étudiant-e-s des différents cycles, entre étudiant-e-s et professeur-e-s, et entre les membres de différents départements universitaires.

Des projets ciblant le même problème avaient été proposés mais jamais réalisés. Les conférences habituellement organisées par les départements sont difficilement accessibles aux étudiant-e-s de premier cycle, peu fréquentes, et peu animées par un souci d’inclusion. Fillosophie, en impliquant l’ensemble des membres du département, favorise un environnement académique et accueillant.

Fillosophie a ainsi une double portée éducative : elle diffuse le savoir grâce à une présence féminine, et cette présence permet de promouvoir une vision paritaire du savoir.

Gratuites et ouvertes à tou-te-s, les conférences réunissent en moyenne une cinquantaine de personnes, qui sont philosophes, étudiant-e-s, professeur-e-s et chercheurs/chercheuses d’autres domaines, ainsi que des personnes extérieures à l’université. Cela donne une visibilité aux recherches des conférencières et permet un retour constructif sur leur travail grâce à la présence de leurs collègues. Nous sommes également actrices d’un grand nombre d’évènements qui promeuvent la place des femmes en philosophie, que ce soit par le biais de co-organisations de colloques ou en offrant notre soutien financier lorsque cela est possible. Par ailleurs, plusieurs de nos conférencières invitées nous affirment souhaiter qu’un tel projet puisse se déployer aussi dans leur université. Nous espérons susciter l’enthousiasme pour cette diffusion diversifiée et paritaire de la culture académique dans d’autres universités.

Nous avons été invitées dans différents congrès, notamment au Congrès international des recherches féministes dans la francophonie (CIRFF) en 2015 et à l’ACFAS en 2014, ainsi qu’au premier colloque québécois au niveau secondaire, Philo-Cité du Pensionnat Saint-Nom-de-Marie, pour donner une conférence sur l’injustice épistémique. Nous avons également eu des retombées médiatiques, dans des blogues, des journaux, et à la radio, comme en témoigne notre communiqué de presse. Fillosophie est ainsi devenue un cadre de référence pour les réflexions sur la parité et la place des femmes dans en philosophie.

Fillosophie s’implique également dans des partenariats : certaines conférences sont co-organisées avec la série « Travaux en Cours » du département de philosophie de l’UQAM, d’autres dans le cadre des « Conférences départementales », de la Journée montréalaise des sciences cognitives, ou encore avec le Réseau Montréalais de Philosophie des Sciences. Nous avons également été partenaire du Laboratoire Étudiant Interuniversitaire en Philosophie des Sciences (LEIPS), et du Groupe de Recherche Interuniversitaire sur la Normativité (GRIN).

Fillosophie est constituée de six femmes qui s’occupent de la logistique et de la diffusion des activités. Nous organisons les conférences, réservons les salles, concevons et modérons le site internet, diffusons l’information à l’UQAM, dans les autres universités et sur les réseaux sociaux, et veillons à la pérennité de notre financement et de notre budget. Les huit membres sont aussi responsables du recrutement des conférencières et de leur accueil à Montréal lorsqu’elles viennent d’une autre ville ou pays, de la modération des tours de paroles, et de l’offre des cocktails qui suivent les conférences.

Pour son financement, Fillosophie compte avant tout sur le bénévolat de ses membres, qui y investissent énormément de temps et de travail. Depuis 2015, nous avons pu compter sur le soutien financier du Canadian Journal of Philosophy. Ceci nous a permis de recevoir Gillian Barker (University of Western Ontario) en 2017 et Kate Nolfi (University of Vermont) en 2016, et nous permettra d’accueillir Helen Longino (Stanford University) en mai et Sally Haslanger (Berkeley University) en octobre 2018. Nos activités ont été également financées par la Société de Philosophie du Québec. Grâce à cette contribution, nous avons invité Kristie Dotson (Michigan State University), en 2016.

Nous comptons également sur le financement du département de philosophie de l’UQAM ainsi que sur les associations étudiantes de philosophie. Les prix de reconnaissance nous aident aussi à poursuivre à nos activités : Fillosophie a été lauréate en 2013-2014 du programme de l’implication étudiante de l’UQAM. Nous avons d’autre part été finalistes du prix Forces Avenir en 2017.

Grâce à l’effort constant de ses membres en ce qui concerne l’implication et la recherche de subventions, Fillosophie a pu inviter plusieurs conférencières renommées qui représentent des modèles plus qu’inspirants pour la communauté philosophique. Devant la réussite du projet, nous entreprenons continuellement ces démarches, pour organiser des conférences avec des personnes de l’étranger plus souvent et pour prévoir des évènements de plus grande ampleur.